11 AOÛT à Buxelles - No Border au PleinOPENair

mardi 10 août 2010

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PleinOPENair 2010

Poursuivant son itinérance bruxelloise depuis 1998, de terrains vagues en espaces publics, de parcs en impasses, le PleinOPENair est bien décidé à s’attaquer au marasme ambiant et aux esprits anxiogènes qui minent notre époque. Un sursaut dans la torpeur estivale face à un agenda médiatico-politique qui ne cesse de mettre en avant la cancérisation des Bruxellois par le "sentiment d’insécurité" - particulièrement ces derniers mois, où Bruxelles a été dépeinte un temps comme une ville dangereuse. Un sentiment censé gouverner nos choix dans tous les domaines de notre vie et qui, trop vague pour être honnête, aide à faire avaler bien des couleuvres.

Le capitalisme et la énième crise qu’il traverse ne font qu’accroître les inégalités et la violence sociales, mais ce n’est pas pour autant que le regain de "sentiment d’insécurité" (qu’on prête un peu facilement à "l’opinion publique") porte prioritairement sur la petite délinquance. On le rappelle trop rarement : l’un des premiers facteurs du "sentiment d’insécurité" en ville, est la vitesse automobile. Si la peur d’un cambriolage ou d’une agression en rue n’est pas un sentiment à nier, la palette de "l’insécurité" est bien plus variée qu’on veut le dire. Il est des peurs qu’aucun dispositif de surveillance et qu’aucun agent des forces de l’ordre ne réglera... Celle de perdre son emploi, ses revenus de chômage, l’inquiétude de devoir quitter son logement, la crainte d’être stigmatisé en fonction de son origine, de sa condition sociale, de son sexe, de son appartenance à un quartier... L’angoisse de subir la discrimination à l’embauche, le délit de faciès ou l’expulsion du pays où l’on habite...

L’impasse que font les médias et les politiques sur la diversité des causes du "sentiment d’insécurité" permet l’adoption de mesures liberticides destinées à rassurer les "braves gens" et de contrôler et poursuivre les indésirables que sont les pauvres, les étrangers et autres déviants pour ne pas avoir à reconnaître les défaillances de l’Etat à répondre aux inégalités sociales galopantes. Autre avantage, elle peut redoper l’économie en faisant de la sécurité un nouveau marché où investir : technologies de surveillance, privatisation des prisons, création de nouveaux emplois de la sécurité, redéploiement d’une nouvelle architecture orwellienne...

En attendant, Bruxelles se transforme : certains quartiers vivants et populaires se voient qualifiés de "ghettos" et appliquer la tolérance zéro, les caméras de surveillance envahissent les espaces publics, de nouveaux portiques à l’entrée des stations de métro et des cartes à puce listant les trajets des passagers des transports en commun se généralisent, pendant que les classes moyennes quittent la ville, et que d’autres se réfugient dans des enclos pour riches… Le statut de Bruxelles Capitale de l’Europe nous est alors martelé comme la seule porte de sortie d’une ville de plus en plus duale.

Ainsi, cette programmation du PleinOPENair met en perspective quelques enjeux qui traversent Bruxelles autour de la question sécuritaire. Un programme qui pourrait donner une frousse bleue s’il n’était pas conçu pour prendre à revers les discours alarmistes et les images faites pour nous terroriser. Pas de panique : le PleinOPENair reste avant tout une manière agréable de se rencontrer, de sillonner la ville en découvrant films et concerts sous un ciel étoilé dans des cadres insolites.


PROGRAMMATION GENERALE :

Vendredi 30 & Samedi 31.07 > Museum d’Histoire Naturelle (Ixelles-Bxl)
Mercredi 04.08 > Gésù (St Josse)
Vendredi 06 & Samedi 07.08 > Square Laîné (St Gilles)
Mercredi 11.08 > Gésù (St Josse)

PROGRAMME COMPLET (on line + pdf) : http://www.nova-cinema.org/spip.php?rubrique1416



PROGRAMME DU MERCREDI 11 AOÛT :

Ouverture des portes à 19h00

# Atelier No Border de sérigraphie sur t-shirt

Les camps No Border s’organisent à travers le monde depuis les années 90 et constituent une convergence de luttes visant à obtenir la fin du système des frontières en plaçant au centre de leurs revendications la légitimité des êtres humains à pouvoir se déplacer et vivre où bon leur semble. Du 27 septembre au 3 octobre 2010, No Border organisera son camp annuel à Bruxelles en réponse à la politique forteresse de l’Union européenne.
Mais dès ce mercredi 11 août, venez retrouver le collectif sans frontière au Gésù, sans oublier d’amener vos vieux T-shirts pour y imprimer un dessin "No Border" grâce à un atelier de sérigraphie !
www.noborderbxl.eu.org


# Projections de films

21h30 : Asyl
de Ina Volmer, 1995, CH, vidéo, vo st fr, 15’

Pour ce film, la réalisatrice a filmé des dizaines d’heures d’interrogatoires de Bosniaques ayant fui leur pays au moment de la guerre en ex-Yougoslavie et venant demander refuge en Suisse. Les 15 minutes tendues qu’elle en a gardé suffisent amplement à montrer l’absurdité et l’horreur de la politique d’asile des pays européens.


21h45 : Comme tout autre humain
de Christiane Schmidt & Didier Guillain, 2008, BE, vidéo, vo fr, 56’

Eglise Saint-Boniface, Bruxelles, 2006. Plus de 120 hommes, femmes et enfants attendent d’être régularisés. Depuis parfois plus de 10 ans sur le territoire, ces familles vivent dans l’ombre de la société, en attente de papiers qui leur ouvriront une vie meilleure en Belgique. "Comme tout autre humain !", scandé dès le début du film : un appel naturel au respect et à la dignité. Au détour des parcours de Rashid qui a fui la guerre civile en Algérie, de la famille Bol, chassée du Soudan par la Sharia, et de Hawa, guinéenne mariée de force, on découvre qu’après l’obtention si laborieuse de papiers d’identité, la vie quotidienne reste un combat permanent. En plaçant la notion de dignité au centre du documentaire, les réalisateurs témoignent de la difficulté pour ces exilés de mener une vie normale dans un pays où ils tentent de trouver refuge. Entre abandon du politique, confrontation aux violences policières, solitude, difficulté à trouver du travail, tracasseries administratives et "apprentissage du savoir-vivre occidental", ces familles qualifiées d’ "illégales" sont dans une quête permanente d’un respect naturel qu’on ne veut pas leur donner.



LIEU : COUVENT DU GESU

Une fois n’est pas coutume, le PleinOPENair se rend au couvent ! Où trouver meilleure protection qu’un établissement religieux comme lieu d’asile pour échapper à l’insécurité du logement ? Mais ces refuges historiques ne sont pas à l’abri des appétits immobiliers. En 2007, les Jésuites, propriétaires du couvent de Gésù depuis 1860, décident de vendre leur bien à un promoteur. Celui-ci, largement soutenu par la commune de Saint-Josse, souhaite y implanter un hôtel de luxe avec bains à bulles et centre de conférence. Toutefois, le projet heurte visiblement les réglementations urbanistiques en vigueur. Un couvent, c’est du logement, et même si l’on peut parfois en douter, ce genre d’affectation ne se supprime pas selon les appétits du marché. En attendant, le lieu est occupé à l’initiative d’associations pour le droit à l’habitat et permet de loger plus d’une centaine de sans-abris et de sans-papiers. Et de nous accueillir exceptionnellement deux mercredis soirs dans l’intimité de sa cour monacale à l’ombre d’un majestueux platane plus que centenaire…

Rue Traversière / Dwarsstraat 2, 1210 Bxxl.
Bus : 61 (Botanique / Kruidtuin).
Tram : 94, 92 (Botanique / Kruidtuin).
Metro : Botanique / Kruidtuin.
Bus de nuit / Nachtbus : N04 (Botanique / Kruidtuin) - dir. Bourse / richt. Beurs (dernier / laatste > 02:30).

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